Le 7 mars 2026, Youth Climate Action (YOCLIMA) a organisé un webinaire international consacré au rôle des femmes dans la préservation des zones humides, la transmission du patrimoine culturel et la lutte contre les changements climatiques. Organisée en ligne avec l’appui de plusieurs partenaires, cette rencontre a enregistré 169 candidatures issues de 21 pays, témoignant de l’intérêt international pour les enjeux liés à la conservation des écosystèmes et à la reconnaissance du leadership féminin.
Un dialogue international au croisement des femmes, des zones humides et du climat
Les zones humides jouent un rôle essentiel dans le maintien de la biodiversité, la régulation des ressources en eau, la sécurité alimentaire et la préservation des moyens de subsistance des communautés riveraines. Pourtant, ces écosystèmes sont confrontés à de nombreuses pressions, notamment l’extension agricole incontrôlée, la déforestation, la pollution des eaux et les effets des changements climatiques.
Dans ce contexte, les femmes occupent une place importante dans la gestion quotidienne des ressources naturelles. À travers la pêche artisanale, l’agriculture, la collecte de produits naturels, la pharmacopée traditionnelle et la gestion communautaire, elles contribuent à la préservation des écosystèmes et à la transmission de savoirs essentiels.
Cependant, leur contribution demeure insuffisamment reconnue dans les mécanismes de décision et de gouvernance environnementale.
C’est autour de ces enjeux que YOCLIMA a organisé, le samedi 7 mars 2026, le Webinaire international YOCLIMA 2026, sous le thème : « Femmes et zones humides : Gardiennes du patrimoine culturel et actrices du climat ».
Tenue sur Google Meet, cette rencontre s’inscrivait dans la dynamique de la Journée mondiale des zones humides et de la Journée internationale des femmes. Elle avait pour ambition de créer un espace de dialogue, de partage d’expériences et de réflexion sur la contribution des femmes à la conservation des zones humides et à la résilience climatique.
L’événement a été organisé par YOCLIMA avec le soutien de la GIZ, de l’Alliance Française de Garoua, d’ArthropologiA et de l’ONG APASAT.
Une mobilisation internationale autour d’un enjeu commun
L’appel à candidatures lancé le 22 février 2026 a suscité un intérêt significatif. Au total, 169 candidatures provenant de 21 pays ont été enregistrées, donnant à cette initiative une portée internationale.
Le Cameroun a enregistré le plus grand nombre de candidatures, avec 58 dossiers, suivi de la République démocratique du Congo, avec 33 candidatures, et du Bénin, avec 25 candidatures. D’autres candidatures provenaient notamment de Guinée, du Togo, du Sénégal, du Burkina Faso, du Mali, de Côte d’Ivoire, ainsi que de pays d’Afrique, d’Europe et d’Asie.
La diversité des profils représentés, notamment les étudiants, les membres d’organisations de la société civile, les chercheurs et les professionnels de l’environnement, a contribué à faire de ce webinaire un cadre d’échange entre différents acteurs engagés dans la conservation de la nature et l’action climatique.
La rencontre a été modérée par Mme Carine Joëlle NYOGOG OUM, journaliste, photographe et responsable média de YOCLIMA. L’ouverture officielle a été assurée par Mme Prudence ONANA ELOUNDOU, présidente de l’organisation, qui a rappelé l’importance de placer les femmes et les jeunes au cœur des initiatives en faveur d’une action climatique inclusive et durable.
Des échanges riches sur les défis de conservation et le leadership féminin
Le programme a réuni plusieurs intervenants issus du milieu associatif, de la recherche et de l’action environnementale. Leurs contributions ont permis d’aborder les enjeux de conservation des zones humides sous des angles complémentaires.
Comprendre les menaces qui pèsent sur les zones humides
M. Alain Bertrand ABOUDI NGONO a présenté les principales pressions exercées sur les zones humides camerounaises et d’Afrique centrale. Son intervention a notamment mis en évidence les effets de l’expansion agricole non maîtrisée, de la déforestation, de la pollution et des changements climatiques sur le fonctionnement de ces écosystèmes.
Il a également souligné l’importance de mieux intégrer les données scientifiques dans les décisions d’aménagement du territoire et de renforcer les capacités des communautés locales à documenter les dégradations environnementales.
Renforcer la participation des communautés locales
M. Willy TEFOUKOU WODA a insisté sur la nécessité d’associer véritablement les communautés riveraines aux décisions concernant la gestion des zones humides.
Son intervention a mis en avant les limites des approches de conservation qui ne prennent pas suffisamment en compte les réalités locales. Il a notamment défendu une gouvernance participative dans laquelle les femmes disposent d’une place effective au sein des comités de gestion, des plateformes de concertation et des autres instances décisionnelles.
Reconnaître le leadership des femmes dans la protection des ressources naturelles
À travers la présentation de l’expérience de l’ONG APASAT, M. Philémon Moïse DJOÏ a illustré le rôle des femmes rurales dans la conservation de leur environnement.
Les échanges ont permis d’identifier plusieurs leviers pour renforcer leur engagement : l’accès à la formation et à l’information, la sécurisation des droits fonciers, la reconnaissance de leurs droits de gestion des ressources naturelles et le développement de réseaux de femmes leaders.
Valoriser les initiatives féminines d’adaptation climatique
M. Henry Henes KAYA BWANA a présenté différentes initiatives portées par des femmes en Afrique centrale pour faire face aux effets des changements climatiques. Ces initiatives concernent notamment la gestion durable des ressources halieutiques, l’agriculture climato-intelligente, le reboisement communautaire, la collecte et le traitement de l’eau ainsi que la valorisation des produits issus des zones humides.
Cette contribution a souligné un enjeu majeur : les femmes, souvent particulièrement exposées aux conséquences des changements climatiques, développent également des solutions d’adaptation fondées sur leur expérience et leur connaissance des territoires.
Préserver les savoirs traditionnels transmis par les femmes
La dernière conférence thématique, présentée par M. Kashif Ryan KINGUĒ EBOUKI, écologue tropical, a porté sur les savoirs écologiques traditionnels des femmes vivant à proximité des zones humides.
Ces connaissances concernent notamment les espèces naturelles, les techniques de pêche sélective, les calendriers agricoles adaptés aux cycles hydrologiques et les pratiques de pharmacopée traditionnelle.
L’intervention a mis en évidence la complémentarité entre ces savoirs et les approches scientifiques modernes. Elle a également souligné l’importance de documenter et de transmettre ces connaissances, menacées notamment par l’exode rural et la dévalorisation de certaines pratiques traditionnelles.
Capitaliser sur les acquis pour renforcer les futures initiatives
Les retours recueillis à l’issue du webinaire ont souligné la pertinence du thème, la qualité des interventions et la diversité des profils représentés. Les participants ont également apprécié les possibilités d’échange entre acteurs issus de différents pays et domaines d’intervention.
L’évaluation a néanmoins fait ressortir quelques difficultés organisationnelles, notamment des problèmes de connexion internet, des interférences sonores, un temps de présentation parfois insuffisant et la nécessité de rendre certaines interventions plus interactives.
Ces observations permettront à YOCLIMA d’améliorer l’organisation de ses prochaines rencontres, notamment par une préparation technique renforcée, une meilleure gestion du temps et le développement de formats favorisant davantage la participation du public.
L’organisation entend poursuivre cette dynamique à travers de nouveaux webinaires thématiques, le développement de partenariats stratégiques et le renforcement des échanges entre jeunes, chercheurs, praticiens et organisations engagés dans la protection de l’environnement.
Faire des femmes et des jeunes des acteurs incontournables de l’action climatique
Le Webinaire international YOCLIMA 2026 a constitué une occasion de mettre en lumière les liens étroits entre la conservation des zones humides, la préservation du patrimoine culturel et le leadership féminin.
La mobilisation enregistrée, avec 169 candidatures issues de 21 pays, ainsi que la diversité des contributions ont confirmé l’intérêt pour des espaces de dialogue consacrés à ces enjeux.
À travers cette initiative, YOCLIMA réaffirme sa volonté de promouvoir une action climatique inclusive, fondée sur la participation des communautés, la valorisation des savoirs locaux et la mobilisation de la jeunesse.
Protéger les zones humides, c’est aussi reconnaître celles et ceux qui les connaissent, en dépendent et contribuent à leur préservation. Donner aux femmes une place effective dans les décisions environnementales et soutenir l’engagement des jeunes sont des leviers essentiels pour construire des communautés plus résilientes et un avenir durable.



